Indescriptible...

Publié le par The Real Sabsab

Tout commence dimanche 20 juillet à 22H00. Aurélie commence à ressentir des contractions qui laissent présager de l’imminence de l’accouchement. Ayant suivi les cours de préparation à l’accouchement, Aurélie attends que se passent au moins deux heures avant de partir aux urgences de la maternité. Finalement à minuit les contractions étant fortes et régulières, on monte dans la voiture direction Bretonneau. Premier monitoring et examen qui montrent qu’Aurélie est en pré travail… elle gère les contractions avec un courage énorme… direction la chambre de pré travail… où l’attendent à nouveau examens du col et monitorings… et tout ça pendant presque 9 heures. On voit passer beaucoup de monde, j’essaie de faire de mieux mais devant les douleurs qu’endurent Aurélie, je dois dire que je me sentais tout petit et minable à tenter de mettre en pratique ce que l’on avait appris, une méthode où en pressant très fort certains points du corps (notamment les mains) j’étais censé délocaliser le centre de la douleur… en tout cas plus facile à dire qu’à faire. Et le ballet régulier et monotone des monitorings de plus d’une heure et les examens qui montraient que certes les contractions annonçaient l’arrivée de notre fils tant attendu mais que le col, lui, n’évoluait pas de manière significative.

Du coup vers 9H00 du matin (nous sommes maintenant lundi) Aurélie à bout de force demande de quoi la soulager puisque qu’elle n’a pas le droit à la péridurale, ce qu’elle obtient, un dérivé de la morphine qui selon elle, lui a fait voir « des lapins en robe rose dans un monde façon télétubbies !». L’injection lui a accordé un répit de 4 heures environ où elle sentait les contractions mais pas la douleur. Puis vers 14H00 on lui annonce que comme ça n’évolue pas, on risque de rentrer chez nous. Mais devant notre insistance et le peu de moyens « naturels » dont nous disposons pour la soulager un maximum, il décide de garder encore un peu Aurélie en nous demandant d’aller marcher une heure dans l’enceinte de l’hôpital puis de revenir pour faire le point… moralité rien de neuf… nous rentrons à la maison déçus mais surtout très fatigués (Aurélie n’ayant pas pu réellement dormir même avec le Télétubbie’s cocktail !) avec des Spafon. Nous mangeons (elle n’a pas pu manger non plus !), puis nous nous couchons. En tout cas c’est moi qui dormait. Pendant plus de quatre heures, ma petite femme faisait l’aller-retour entre la chambre et la salle de bain, à n’avoir que le choix entre un Spafon ou un bain…

5H00 du matin (mardi) les pleurs d’Aurélie me réveillent. Elle est dans un bain, désemparée, ne sachant plus quoi faire (je vous laisse surtout imaginé sa déception de rentrer à la maison, en ayant souffert et soufrant encore « pour rien »). J’appelle la maternité, et rebelote ! On remonte dans la voiture, on retourne dans la chambre de pré travail, re-monitoring, re-examen du col, apparemment ça avait évolué un peu. Et là, à 7H45, simultanément, énorme contraction et une sage-femme qui ouvre la porte un peu brusquement, LA POCHE DES EAUX EST ENFIN ROMPUES ! Première victoire ! Du coup nous sommes tous les deux extrêmement soulagés car cela voulait dire que nous ne rentrions plus chez nous, deuxièmement qu’on passaient en salle d’accouchement et troisièmement qu’Aurélie avait droit à la tant attendue et salvatrice péridurale. A partir de ce moment là, Aurélie s’est débarrassée de toutes les pensées négatives qui lui empêchaient de faire face à l’enchaînement et l’intensité grandissante de ses contractions, pour vous dire, pendant que ma chérie de future maman attendait la péridurale, elle gérait avec un calme et une force incroyable ses contractions, trois sage-femme la regardait ébahi devant le boulot qu’elle accomplissait et moi tout fier d’elle !

Il est maintenant onze heures, l’anesthésiste entre et pose la péridurale. Les douleurs s’estompent. Cependant malgré l’adjonction de médicaments ayant pour but de favoriser le travail et d’ouvrir le col au maximum, et bien rien ! Ce dernier n’a pas daigné s’ouvrir à plus de 5 cm largement insuffisant au regard des 10 centimètres requis pour que le bébé s’engage ! Avec une extrême précaution dans leurs discours, les spécialistes nous annonce que la césarienne va être envisagé, car chez certaines femmes, cette opération n’est pas assimilé à un accouchement véritable et sont en générale déçues de cette issue. Pour Aurélie (et pour moi-même) rien de tout ça, on préféraient voir notre enfant arrivé le plus vite possible sans souffrance, et qu’enfin le calvaire d’Aurélie cesse (bien sûr il y avait la péridurale, mais ça ne dure pas éternellement).

12H30 on nous explique l’intervention qui durera 30 minutes, je demande si je peux être présent au bloc opératoire, mais la chirurgienne n’a pas pour habitude de faire assister les futurs papas. Tant pis, on m’installe dans la pièce adjacente, il est 13H00, je suis en blouse et pantalon « bleu hôpital » avec mon masque et ma charlotte sur la tête. Jusqu’à présent les seules qualités dont j’ai su faire preuve sont la patience et la zénitude, mais là la pression monte, je suis assis sur un tabouret devant les tables et instruments qui serviront à l’examen de notre fils, à quelques mètres seulement de ma femme mais séparés par ce couloir. 13H15, je tourne en rond, je ne tiens plus. La sage-femme vient me dire qu’ils attendent encore un peu avant de débuter l’opération car ils veulent s’assurer que l’anesthésie (locorégionale) fait bien son effet.

Il est 13H30, j’entends les cris de mon fils de l’autre côté du couloir, je suis là immobile à pas savoir comment réagir ni quoi même penser. Lui que l’on avait attendu pendant neuf mois arrivait enfin, j’allais voir sa frimousse, j’allais enfin  le toucher, le caresser ! Les deux sage-femme entre dans la pièce avec ce petit être dans les bras : MON FILS ! Je les vois s’affairaient autour de lui, le stimuler pour que le réflexe de respiration se déclenche, lui faire passer les premiers examens (il en profite pour se venger d’elle et leur pisser deux fois dessus !). Et moi je reste là, n’osant même pas le toucher, ni même lui parler, j’ai l’impression de déranger les sage-femme dans leur travail. Au bout de quelques minutes j’arrive enfin à tendre un doigt vers lui qu’il saisit aussitôt, c’est magique, fabuleux, inoubliable !

En attendant Aurélie, on m’installe avec lui dans une pièce où je passe une heure avec lui en peau à peau c’est à dire que je suis torse nu et le prends dans mes bras pour lui donner ma chaleur. Mais je ne peux me substituer à sa mère dans les premières heures de sa vie, et très vite ses pleurs me font comprendre qu’il a envie d’elle. Je demande donc si on peut accélérer un peu les choses et rejoindre Aurélie en salle de réveil pour qu’enfin notre fils puisse téter sa maman. Jusqu’à présent j’ai pu contenir l’émotion qui me submergeait, mais là nous voir tous les trois réunis c’était ce que j’attendais par-dessus tout, c’en était trop, je lâchais enfin les vannes, fier de notre fils et surtout énormément fier de ma petite femme, elle qui a tout enduré, tout subi et que je retrouvais radieuse malgré l’opération et la puissance de l’anesthésie… je t’aime plus que tout mon amour ! Tu as été formidable du début à la fin !

 

Voilà quelques phots du bébé le plus beau du monde (normal me direz-vous, vu ses parents !), que nous avons prénommé Noam, 3,320 kg et 50 cm né le 22 juillet 2008 à 13H30 à Tours.

 




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sabsab 11/08/2008 06:14

Je fais faire publier mon article à Routiers Magazine... et si ça fait chialer du routiers alors OK, j'admettrais que je possède des talents d'écrivain !

mado 08/08/2008 03:01

Sans vouloir en rajouter une couche ... tres beau texte pr un bien jolie evenement ! :) ... Et oui, tu as des talents d'ecrivain, tu nous fais juste ton timide modeste, la ! :DBisous a vous trois

mathgon 06/08/2008 11:37

Je suis tout à fait d'accord avec Vivi, ton texte était très touchant mais de mon coté j'ai réussi à garder mes larmes pour moi :D(enfin c'est ce que je dis.. je suis un mec, faut pas que je perde la face!)

sabsab 29/07/2008 12:37

Merci pour tous les messages de félicitations, tout comme vos sms et coups de téléphone...Pour Chloé et Vivi : "Je suis très touché de savoir que vous avez été sensible à mon article, et non non, je suis pas très doué pour écrire, à moins de parler d'un sujet qui me tient à coeur, en l'occurence, celui-ci l'est et de loin !"

mati (la copine marseillaise de neko) 27/07/2008 23:03

Bravo !félicitations !adressés a tous les deux que je ne connais pas mais ... bon...bienvenue a Noam... Plein de bonheur a tous les trois !!!