Racines....

Publié le par The Real Sabsab

Le titre vous interpelle ?

En parlant de racines, j'évoque mon village dans lequel j'y est passé plus de vingt cinq ans. Ma commune et ses habitants, mes parents bien sûr, et mon club de football ...

Licencié depuis l'âge de six ans, pour devenir arbitre pendant sept ans, dirigeant d'une équipe de jeunes depuis deux années, et rechausser les crampons cette saison pour mon plus grand bonheur d'ailleurs... en effet je viens de marquer mon deuxième but de la saison ! Tout ça pour dire que les Carabiniers Mavois (club le plus méritant de France en 1966, se plaisent à ce rappeler les anciens au bord du terrain lorsque c'étaient eux les "jeunôts" qui galopaient sur la pelouse) c'est une partie de moi... les potes qui ont grandi avec moi, les vieux qui vieillissent et nous voit grandir, mais le stade, lui, ne change pas, à part un coup de peinture décennal, le vestiaire que côtoient les gamins est le même où je posais mes fesses pour me préparer le samedi après midi...

Et puis il y a eu le travail, nouvelle destination, de ma campagne de Beauce, je m'installe dans la région Tourangelle, sans pour autant renier mes racines et garder encore contact avec ma campagne... en m'investissant dans et pour mon club (se qui arrange pas mal mes parents puisque c'est souvent l'occasion de se voir)... Mais voilà, je suis loin et je ne peux pas m'occuper des enfants comme je le voudrais. Je ne peux pas les entrainer le mercredi comme je le faisais la saison dernière. Je ne peux pas les faire évoluer et progresser sur les faiblesses que je remarque le samedi lors du match. Même si le samedi soir ou le dimanche matin, j'effectuais avec l'entraineur un débrieffing d'après-match pour lui dire se qu'il s'était passé...

Et puis j'ai annoncé ma décision aux dirigeants.... j'arrête...

Même si j'en ai encore le coeur gros, mais il y a tellement de facteur qui font pencher la balance... Je fais pas loin de 400km le week-end pour emmener les gamins le samedi et jouer le dimanche, je me sens de moins en moins impliqué dans le club, je suis loin et moins au courant (même si il y a le téléphone)... voilà pour la courte énumération...Et si certains pensent qu'il s'agit de ma chérie, ils se trompent ! Elle me suit à chaque match des enfants pour me donner un coup de main (sans elle au moment du gouter, je serais en  train de courir partout !) et à chaque match que je joue pour m'encourager, ou pester sur le joueur qui m'a taclé/défoncé/emmanché/dégnolé/tout ce que vous voulez... . D'ailleurs (petite parenthèse), si j'ai marquer deux buts en deux matchs, c'est grâce à elle. Elle a eu l'heureuse idée de me motiver en me disant : " Si tu marques un but, je te paye le resto "... Elle a du se dire "Avec les pieds carrés qu'il se trimbale, je ne risque rien"... et comme je suis très taquin, ben j'ai marqué... Non il ne s'agit pas de ça !

Et j'ai annoncé ma décision aux enfants...

C'était samedi dernier lors du dernier match de la saison des benjamins. Ils étaient tous surpris (première montée d'émotion). Puis le club avait organisé un repas avec tous les enfants licenciés au club et leurs parents. Après la réunion et l'apéro, pendant que les parents mangeaient un buffet froid à l'intérieur, les enfants après avoir avalé un plateau repas rapide , avaient entrepris de jouer dehors dans la cour. Du début de l'apéro jusqu'à mon départ (c'est-à-dire de 19 heures jusqu'à 22 heures), Aurélie et moi sommes restés dehors avec eux, tantôt à jouer avec eux, tantôt à éviter qu'ils ne fassent trop de conneries... je ne pouvais me résoudre à rester avec les parents, alors que c'est aux enfants que je consacrais mon samedi... même si je sais que je prendrais sûrement la voiture pour aller les voir jouer, je voulais encore une fois être avec eux à soigner les bobos, faire le con, et les reprendre quand ils dépassaient les limites (deuxième montée d'émotion).

Et il a fallu leur dire au revoir....

Il se fait tard, on a de la route à faire. Je rentre dans la salle pour serrer la main aux parents et je sors en appelant les gamins, mes gamins... pour que je leur dise au revoir avant de partir (nouvelle montée d'émotion). La plupart me font la bise en me disant qu'ils auraient voulu que je reste (encore une montée)... un autre me serre dans ses bras (et encore une)... et là je vois un gamin qui est assis plus loin et qui n'est pas venu me voir. Je m'approche et lui demande ce qu'il a. Il est accroupi la tête dans les mains et me dit qu'il est triste que je parte (bonne grosse montée). Et avant de fermer le portail un parent qui me demande si ça me va pas être trop dur (évidemment que oui ! Et grosse et ultime montée). A peine le portail fermé, je me jette dans les bras de ma bien-aimée... Touts les moments passés avec ces minots me reviennent...


Voilà, tel un arbuste que l'on replante, j'ai pris un peu de terre de ma contrée pour ne pas l'abimer et permettre à mes racines de repousser et donner un bel arbre dans un autre lieu, une autre contrée.. un autre club...

Merci les Carabiniers Mavois, je ne vous oublierais pas !

Publié dans SABSAB I presume

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Aurelie 15/05/2007 20:56

Il est vrai que 2 années passées avec des minots, ça laisse une trace, j'ai ressenti un pincement au coeur moi aussi. Mais il est clair que pour Olive, ça signifiait beaucoup, et que partir était vraiment une déchirure. Nous aurions habité plus prés, c'est sûr, on y serait encore !Pis bon, de toute façon, on a promis : on retournera les voir ! Tout cela n'est qu'un nouveau départ vers un nouveau club, de nouveaux mômes. C'est ce que je me dis à chaque départ de session, et à chaque fin, y'en a toujours pour chialer, et un collègue pour se sentir tout chose..